[Analyse] Hitler, Démocratie et État d’Urgence

Mythe de l'élection démocratique du régime Hitlérien, et réalité de la tentation de l’État d'Urgence Permanent comme seul horizon politique

Il est des affirmations que l’on retrouve fréquemment au détour de discussions, dont la portée fait souvent office d’argument massue, mais sans que ne soit jamais remise en cause sa pertinence historique. Parmi elles : l’affirmation selon laquelle la Démocratie a porté Hitler et son régime totalitaire au pouvoir, ou si l’on veut que « Hitler a été élu démocratiquement ».

Totalitarisme ou permanence de l’État d’Urgence?

Souvent utilisé dans le cadre de conversations ayant trait aux limites de la Démocratie, cet argument, si l’on ne prend pas en compte l’enchaînement effectif des événements, finit par être utilisé à contre sens. L’émergence du régime totalitaire hitlérien ne fut pas tant le résultat d’une victoire électorale, que celui de dérives et de récupérations politiques habiles des dignitaires nazis afin d’instaurer un État d’Urgence permanent. Celui-ci leur attribuait tous les pouvoirs face à ce qui était présenté comme la menace montante de l’époque : le bolchevisme.

En effet, le parti nazi n’a jamais récolté plus de 37% des voix aux élections, notamment celles de 1933 qui ont fini par forcer Hindenburg à nommer Hitler chancelier (sous la pression décisive de l’oligarchie industrielle et bancaire allemande et américaine). Il est d’ailleurs primordial de noter que la République de Weimar restera le statut officiel des institutions allemandes jusqu’à la fin de la guerre. En effet, contrairement à ce que l’on croit, il n’y a pas eu d’institution de 3eme Reich (seulement des allusions dans des discours). Seule l’instauration permanente de l’Etat d’Urgence suite notamment à l’incendie du Reightag aura permis l’expression de l’Etat Totalitaire Nazi.

(pour plus d’informations sur la chronologie des événements :

Il ne s’agit pas ici de prétendre que Hollande et Hitler ont plus en commun que la première lettre de leur nom. Néanmoins, il est important, si ce n’est primordial, de bien comprendre que la mise en place prolongée de l’État d’Urgence au nom d’une logique de guerre, qui plus est face à un ennemi abstrait (« le Terrorisme » avec tout ce que cela comprend d’ambiguïté) est l’essence de toute dérive autoritaire, puis totalitaire du pouvoir.

Cazeneuvevallshollande

En effet, il convient d’intégrer dans notre matrice d’analyse politique que le présent gouvernement :

  • instaure depuis 6 mois toute une batterie de lois objectivement liberticides (i.e. qui restreignent les libertés individuelles de chacun au nom de la sécurité).
  • n’a aucun état d’âme à faire passer ses lois les plus déterminantes par ordonnance (via le 49.3) contre sa propre majorité présupposée (un gouvernement sans majorité n’ayant aucune légitimité dans un régime un temps soi peu démocrate).
  • n’hésite pas à s’ingérer dans les actions et décisions prises par le Conseil d’État, soit la plus haute institution judiciaire de la République.
  • se félicite de contracter des alliances des plus douteuses avec des entités (Arabie Saoudite, Qatar) dont il est dorénavant de notoriété publique qu’elles organisent et financent l’entité État Islamique, dont le lien de cause à effet avec les attaques de Paris est plus que direct.
  • n’a aucune honte à afficher qu’en passer par l’élection pour avoir une légitimité procède d’un « cursus d’un ancien temps ».

Bref, le fait d’exclure de facto qu’aucune dérive du pouvoir n’est possible relève clairement de l’angélisme, de la naïveté ou de l’ignorance. Nous nous devons d’en prendre conscience. Si il est possible de considérer que les éléments ci-dessus constituent déjà une dérive, l’instauration, et le prolongement voulu de l’État d’Urgence constitue indiscutablement un risque de dérapage et de fuite en avant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a pour le moment très peu de remise en question émanant du monde politique et médiatique face à ce risque.

En revanche, la population semble commencer à prendre conscience du risque encouru, dont elle sera la première victime. Il est donc temps qu’elle trouve le moyen de se faire entendre, tout en évitant les pièges tendus de la division par les idéologues de tout bord du « Choc des Civilisations », soit la déviation d’un conflit vertical légitime, nourri par des colères émanant de la crise sociale et économique, conséquence du mondialisme libéral, vers un conflit horizontal résultat d’une crise ethnico-religieuse issue de l’exaltation manipulatoire des lignes de fractures sociologiques sensibles de la société.

Si il semble que Hollande n’a pas la carrure d’un despote en puissance, Manuelito el Blanco, ou d’autres profils inquiétants pourraient tirer les marrons du feu dès 2017 (soit dans 18 mois à peine). N’oublions pas que le maréchal Pétain était avant tout un héros de la Première Guerre Mondiale, avant d’assumer l’instauration d’un État autoritaire en France au nom de la sécurité des Français, « au nom de ceci ou de cela ». On finit toujours par trouver une bonne raison afin de légitimer la dérive d’un pouvoir.

Hollande et sa clique, de Valls à Macron, plus les conseillers de l’ombre, tels Attali ou BHL (toujours tord depuis 30 ans mais toujours là) ne sont pas plus au dessus de tout soupçon que ne l’étaient les dignitaires qui ont mis en place le régime de Vichy. Ceux-ci comptaient d’ailleurs dans leur rang un certain Mitterrand, modèle de notre Président, qui, comme il le disait lui même si bien de son prédécesseur, se veut « chef de tout, mais responsable de rien ».

Conseils de lecture pour approfondir

  • Jean Claude MICHEA

Impasse Adam Smith : Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche

Les mystères de la gauche : De l’idéal des Lumières au triomphe du capitalisme absolu

  • Antony C. SUTTON

Wall Street et l’Ascension de Hitler

Bibliographie complète ici

 

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