[Analyse] Écologie vs. Libéralisme, ou la question du paradigme économique

Churchill avait coutume de dire (selon la légende) que le meilleur argument contre la démocratie était une discussion de cinq minutes avec l’électeur moyen. Dans la même veine, l’un des meilleurs arguments contre le capitalisme libéral est probablement une discussion avec un économiste « Friedmanien » (ce qui de nos jours fleurte avec le pléonasme). Ce dernier finira forcement en dernier recours, pour peu que vous grattiez bien, par sortir l’argument ultime qui fait office de postulat de base à toute sa conception du monde : « more stuff is good », soit la défense inconditionnelle du toujours plus. A cet effet, la maximisation de la quantité de choses produites, en tant que but suffisant en soi, est à même de justifier le prix payé par la population mondiale à sa mise en œuvre (guerres, violence sociale, déracinement etc…).

Qualitatif vs. Quantitatif

Prenons comme hypothèse – généralement acceptée – que l’évaluation de la production est totalement mesurable selon deux axes : le quantitatif et le qualitatif. L’argument quantitatif est le seul posé comme hypothèse de base nécessaire à la justification du libéralisme par ses tenants. L’argument qualitatif est au mieux un complément subsidiaire – quand il n’est pas au final un obstacle (e.g. obsolescence programmée).

La critique de l’axiome quantitatif, soit le « more stuff is (always) good », est donc la seule valable afin de procéder à toute critique radicale pertinente du capitalisme libéral intégral comme horizon indépassable de nos structures politico-economiques (et donc sociales). En effet, si celui-ci est accepté comme suffisant, tout ce qui en découle (l’idéologie mondialo-libérale) est cohérent. Par ailleurs, critiquer les effets du libéralisme, sans critiquer la cause relèverait de l’impertinence dialectique chère aux agitateurs et opposants stériles si utiles au système.

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