[Documentaire] La Stratégie du Choc, de Naomi Klein

Magnifique documentaire (adaptation du livre du même nom) décrivant la façon avec laquelle les politiques ultralibérales, issues de l’École de Chicago (M. Friedman), sont imposées appliquées à travers le monde depuis les années 70 via des chocs extrêmes systématiques désorientant totalement les populations. Dictatures militaires, guerres extérieures patriotiques, krachs boursiers, tortures arbitraires et politique du chaos total sont autant de moyens mis en oeuvre pour atteindre le but recherché : la captation des revenus des activités publics au bénéfice exclusif des grands groupes privés.

L’exemple le plus emblématique est celui de l’armée américaine. D’après le documentaire, celle-ci contenait en 1991, 1 contractuel (privé) pour 100 soldats réguliers (publics). En 2003, il y avait un équivalent de 10 contractuels. Ce chiffre n’a cessé d’exploser de manière exponentiel, de telle sorte qu’il y a maintenant (beaucoup) plus de contractuels privés que de soldats de l’armée régulière. Ce alors que M. Friedman avait déclaré qu’il ne fallait pas privatiser l’armée! Séquence d’ailleurs surréaliste lorsque G.W. Bush admet (hilare) qu’il ne sait pas lui-même de quelle juridiction dépendent ces soldats-contractuels-privés lorsqu’ils sont au front…

Communisme, Terrorisme, ou la fabrique de l’Ennemi Idéal

Il ressort de cette analyse le constat qu’il y a une symétrie parfaite entre ce que fût le spectre du Communisme durant la Guerre Froide, et celui du Terrorisme depuis en gros 9/11. Dans les deux cas, un « Ennemi » à la fois « partout et insaisissable ». Une « menace permanente pour notre Liberté » à même de justifier l’explosion des budgets militaires, les massacres « Guerres (Sainte) pour la Démocratie » (i.e. des bombardements massifs des populations civiles), et bien entendu la restriction massive des libertés individuelles au sein de nos propres sociétés (pour notre Sécurité).

A l’heure du « Choc des Civilisations », et alors que des opérations illégales (car hors mandat de l’ONU) ne créent même plus le soupçon d’un débat dans nos médias (c.f. le cas du Yémen depuis quelques jours, avec la bénédiction du « Monde Occidental »), la « Stratégie du Choc » est un prisme d’analyse pertinent supplémentaire. Pour la compréhension des causalités de la géopolitique mondiale, mais également pour la critique des réactions gouvernementales lorsque nous nous retrouvons nous même confrontés à ces chocs (attentats, catastrophe naturelle ou industrielle etc…).

Bon visionnage!

Elections Départementales 2015 – Brèves analyses du 1er tour

Les résultats définitifs sont connus et disponibles ici : http://elections.interieur.gouv.fr/departementales-2015/FE.html

Tout d’abord quelques remarques :

1/ C’est une élection très locale. Les cantons c’est tout petit, et ça s’occupe des problèmes du quotidien (e.g. prestations sociales). Les décisions prises par l’assemblée départementale (ou conseil général) sont moins clivantes et politisées que l’Assemblée Nationale par exemple. A priori, le sortant semble avantagé.

2/ Les analyses ci-dessous sont à mettre en regard du fait qu’il est délicat d’extrapoler à l’échelon Nationale des résultats locaux. Ce qui, d’ailleurs, laisse place aux chiffres fantaisistes et manipulatoires que nous avons pu constater sur France 2, par exemple (je n’ai pas regardé les autres, ça doit être du même style…)

Traditionnel Bal des Tartuffes des soirées électorales…

Analyse des résultats par bloc

La coalition de Droite parlementaire, quasi exhaustive (UMP + UDI + Modem), fait dans les 27%, avec une « réserve de vote » clairement identifiées (divers Droite) d’environ 9%.

=> Ils sauvent les meubles et les apparences grâce à une coalition (de raison, si on peut dire). Sans coalition, on aurait sûrement eu un UMP autour de 19%, l’UDI vers les 5% et Modem à environ 2/3%…. Là, cela semble plus propre, mais à ce niveau de coalition et de détestation du gouvernement en place dans l’opinion publique, ne pas faire plus de 35%, c’est, quoi qu’on en dise, une claque. Le fantasme de « reconquête » proclamé par Sarkozy fait peu de cas de la légitimité d’un président ou d’un gouvernement soutenu par moins de 40% de la population. Les institutions de la 5eme république ont, en effet, cette magie de légitimer les hypocrites sans honneur.

Le PS , ou plutôt la coalition « 49.3 » menée par la branche libérale (ou soumise) du PS fait environ 21.5%, avec une « réserve de vote » d’environ 7% (divers Gauche) et une réserve « vote par défaut » (frondeurs, gauche anti PS, ecolos etc…) d’environ 9% qu’il est plus que discutable d’attribuer à Valls (comme il le fait sans vergogne…).

=> Au delà du score global de la Gauche, en tant qu’ensemble de plus en plus hétérogène, ce qui se joue, c’est avant tout le rapport de force entre :
– l’axe Valls/Macron libéral, i.e. ceux qui veulent faire de la gauche une espèce de parti Démocrate français, avec en ligne de mire une probable alliance avec le Centre dans l’espoir d’une victoire au second tour des présidentielles (et législatives 2017 face au FN). Pour cet axe, c’est plus la montée du FN que la baisse du chômage qui semble être la bonne stratégie pour s’accrocher au pouvoir.
– les tenants d’une politique de gauche « authentique », garante de la préservation (à minima) du modèle social Français, soit pour résumer un équilibre entre marché et Etat.

Le (seul?) point commun entre ces deux courants, qui met d’ailleurs les frondeurs/frontiste de gauche en porte à faux permanent, reste la soumission perpétuelle au dictât économique et libéral de l’Europe (via le mirage idéologique récurrent de « l’Autre Europe »). Leurre qui jette une bonne partie de l’électorat traditionnel « à gauche de la gauche » (et victime de la crise) dans les bras du FN depuis que l’Europe libérale (et l’Euro) catalyse les effets de la crise économique (explosion du chômage et des inégalités). C’est en exploitant l’absence d’un parti de Gauche critique vis à vis de Bruxelles que le FN est passé de son score traditionnel (15%, siphonné à la Droite dans les années 80), à son nouveau standard, 25%, faisant de lui le premier parti homogène de France, quoi qu’on en dise.

Enfin, le vote FN s’enracine clairement dans le paysage politique français. En effet, en obtenant quasiment 26% dans une élection au format défavorable pour un parti émergent (difficulté de trouver des milliers de binômes mixtes, « présentables » à travers tout le territoire), il progresse encore et s’impose à nouveau comme le premier parti de France hors coalition (il faut avoir la lucidité de le reconnaître). Un an après son important maillage lors des municipales, il risque de s’implanter encore plus massivement aux niveau local. Cela lui donnera évidemment des relais précieux lors des prochaines échéances, dont les formats lui seront hautement plus favorables (en particulier les Régionales et Présidentielles).

C’est donc indiscutablement un grand pas en avant pour cette formation, soi-disant « anti-système » (et pourtant si commode, nous y reviendrons…).

Un de plus.

Il semble d’ailleurs que Manolo El Blanco s’en félicite, donc tout va bien….

La suite des « réjouissances » dans une semaine.

Reprise en Francais de Martin Armstrong

Martin Armstrong est un économiste. Il a développé un modèle prédictif, appelé le Modele de Confiance Economique (ECM), basé sur une quantité énorme et exhaustive de données économiques depuis plus de 2000 ans. Ce modèle présente l’activité économique comme obéissant à des cycles périodiques précis et successifs. L’autre facteur déterminant est l’anticipation des mouvement de capitaux. Son modèle ne se base pas sur un marché précis (actions, obligations, métaux etc…) mais sur l’activité économique dans son ensemble).

Voici quelques liens présentant plus en détail son modèle et sa vision.

Martin Armstrong et son modèle de confiance économique
Cycles d’Armstrong : la précision d’une horloge suisse

http://portofino.over-blog.com/article-cycles-d-armstrong-la-precision-d-une-horloge-suisse-54871372.html

 

Il est important de noter qu’en raison de l’exactitude extrême des prévisions de son modèle, et de l’influence auto réalisatrice qu’on lui prêtait en retour, les autorités américaines lui ont demandé de leur livrer son modèle à la fin des années 90. Devant son refus de se soumettre, ils l’ont mis en prison durant 7 ans…

J’ai personnellement contacté Martin Armstrong pour lui demander l’autorisation de traduire et publier en Français certains des articles qu’il produit quotidiennement sur son blog : http://armstrongeconomics.com

Celles ci nous donnent un éclairage original, hétérodoxe et souvent pertinent dans le temps sur le cours économique (et politique) du monde.

Je le remercie pour sa confiance.