[Analyse] Brexit – Enseignements et Perspectives

« Pourtant tout le monde sait que l’Angleterre, en tant que grand État, et que nation fidèle à elle-même, ne consentirait jamais à se dissoudre dans quelque utopique construction » - De Gaulle, 27 Novembre 1967

Les tenants de l’idéologie de la Fin de l’Histoire en sont pour leur frais. En ce jour du 23 Juin 2016, une nouvelle page s’écrit. Non pas en raison des conséquences direct d’un départ du Royaume Uni de l’UE, mais plutôt en raison de ce que le vote sans équivoque des anglais en faveur du Brexit révèle, et annonce.

Souviens toi, l’été dernier…

Le principe de Démocratie est le principal argument de domination morale des sociétés occidentales sur le « reste du monde ». Il est le moyen par lequel se manifestent les Droits de l’Homme, véritable socle idéologique du bloc occidental (il n’y a qu’à regarder les justifications invoquées à toutes les interventions militaires occidentales depuis 30 ans).  Le référendum est sans doute l’expression la plus « pure » (dans l’esprit) de la Démocratie. Il permet de trancher de manière claire, et incontestable (pour peu que le décompte des votes le soit également).

On vient d’assister, en moins d’un an, à trois référendums (en Grèce sur l’accord avec ses créanciers, au Pays-Bas sur l’accord d’association économique entre l’UE et l’Ukraine, et donc au Royaume-Uni) qui, directement ou indirectement, appelaient à un vote de confiance envers les instances dirigeantes de l’UE. Les trois résultats nous enseignent de manière indiscutable que les populations rejettent massivement ce qu’est devenu Bruxelles : un centre de pouvoir oligarchique corrompu, autoritaire, et soumis aux lobbies industriels et financiers.

Deuxième enseignement : le retour du Peuple (à savoir, pour les négationnistes du fait populaire : « ceux sur qui s’exerce le Pouvoir », comme l’avait bien expliqué Onfray à Moix). Le Peuple ne demande rien d’autre (par construction) que de déléguer, d’une manière ou d’une autre, à des élites les décisions qui prédisposent à sa destinée. La question de la légitimité n’étant pas tant le fait du mode de désignation (vision moderne mais réductrice en dernier lieu, liée à l’apologie nécessaire de la démocratie parlementaire), que de celui de l’exercice. En d’autres termes, une élite ne tire pas tant sa légitimité de son processus de désignation, que de ce qu’elle fait de cette délégation. Ainsi, le ressenti de ceux sur qui s’exerce le Pouvoir se nourrit de cet exercice du Pouvoir, et finit par conduire à l’adhésion, ou au rejet. De manière finalement très binaire. Les résultats de ces trois référendums, mais également des nombreuses élections dans d’autre pays de l’UE (Pologne, Portugal, Autriche etc…) sont l’expression de ce rejet. Rejet qui doit être bien compris comme celui du Peuple envers ses Élites dirigeantes. C’est-à-dire un rejet vertical, du bas vers le haut.

Ceci nous amène à anticiper les réactions de cette Élite au statut menacé. En mettant de côté l’hypothèse assez improbable de la remise en question, il convient d’anticiper son mode opératoire de défense à venir. Menacée par ce rejet vertical, de la base vers le sommet, la parade classique consiste à l’horizontalisation de cette énergie du rejet. Ainsi, à cette défiance envers le haut doit se substituer une autre défiance, face à une autre menace qu’il convient de matérialiser.

La première option est de jouer sur la menace horizontale endogène : à savoir jouer sur les lignes de fractures horizontales à l’intérieur de la société, celle ci pouvant être par exemple ethniques ou religieuses. Il est assez simple de creuser sur ces lignes de fractures, par exemple en favorisant le développement du communautarisme, ou bien en soufflant sur les braises parfois vivaces d’un passé historique potentiellement douloureux et habilement manipulé (e.g. passé colonial, guerre d’Algérie etc…). Les options sont nombreuses, et efficacement exploitables dès lors que l’on dispose des leviers de propagande médiatique et culturelle.

La deuxième option consiste cette fois à jouer sur la menace horizontale exogène : dans ce cas, c’est de l’extérieur que doit venir la menace. L’idéal étant celle d’un pays Méchant sur le point de nous envahir et face auquel il est nécessaire de se serrer les coudes (comprendre en finir avec le rejet vertical). C’est un grand classique, dont l’une des plus belles illustrations fut la nécessité imposée de « l’Union Sacrée » en 1914, qui permit de noyer par exemple le syndicalisme révolutionnaire (gauche populaire) dans la gauche parlementaire (gauche bourgeoise), donnant ainsi naissance à LA Gauche socialiste. Il est donc possible d’envisager qu’on nous présentera bientôt un pays (ou plusieurs) comme une menace pour notre intégrité, et contre lequel il faut s’unir (ou plutôt rester uni dans notre cas). En d’autres termes, on ne sera pas étonné qu’on nous annonce les chars russes à Varsovie, Berlin, voire Paris d’ici cet automne, des portes avions chinois en méditerranée, et même des missiles Nord Coréens à Rome…

Dans un cas comme dans l’autre, cet effort à prévoir de dilution de la contestation verticale permettra de gagner du temps. Ce qui va devenir un enjeu crucial. En effet, suite à tous les effets d’annonce grotesque mis en avant durant la campagne de propagande, allant jusqu’à annoncer (sans rire) « la fin du monde et de la civilisation occidentale », et vu que rien de tout cela ne va se passer comme annoncé, il va bien falloir meubler. Sous peine de voir d’autres pays tentés de faire la même chose et se libérer de la tutelle bruxelloise. Or, autant le RU n’était que très peu lié à l’UE en fin de compte (pas dans l’Euro, pas dans Schengen), autant le départ d’un pays membre de la zone Euro (et a fortiori la France, l’Italie ou l’Allemagne) provoquera la fin de l’UE (et donc la dissolution de toute la clique de Bruxelles).

S’il semble que cela ne soit maintenant qu’une question de temps, vue la dynamique initiée par le peuple grecque il y a près d’un an, il sera intéressant de voir si on assistera plutôt à scénario de prise de conscience d’un des pays martyrisés tel l’Espagne (peu probable) ou l’Italie, à une anticipation rationnelle et consciente de l’arrogante Allemagne sifflant la récré (tout à fait possible mais politiquement délicat), ou même à l’émergence d’un front de l’Est (Pologne, Hongrie, République Tchèque en tête), qui n’a pas quitté 60 ans de dictature moscovite pour subir l’autoritarisme bruxellois.

Pile je gagne, face tu perds?

Il n’en reste pas moins que la perspective d’une fin annoncée de l’UE ne doit pas forcément apparaître comme une fin en soi. On peut certes légitimement envisager une fenêtre de tir historique pour l’établissement d’une saine « Coopération des Nations » un brin utopique. Cette « Paix de Westphalie » du 21eme siècle pouvant allier, soyons fous, État Providence (redistribution sociale des gains énorme de productivité), promotion culturelle (fin de « l’uniformisme » culturel), consommation harmonieuse (soit l’écologie authentique) et, assurant de manière indirecte la sécurité (fin de l’ingérence politique, et de l’interventionnisme militaire).

Néanmoins, il semble peut probable que les intérêts liés au mondialisme (aux finalités en opposition totale avec une telle utopie), ne se laissent damner le pion aussi facilement. L’exploitation des rapports de domination a toujours prédominé aux utopies pacifistes. Il peut donc être intéressant d’envisager que les conséquences du Brexit sauront, tout comme le statut quo l’aurait permis d’une autre manière, jouer en faveur du mondialisme. Elle offre en effet des opportunités nouvelles, et peut être plus violentes. Le système financier mondial asphyxié par la dette est un château de cartes prêt à s’effondrer à tout moment. Que serait-il d’ailleurs sans les QE (Quantitative Easing) coordonnées des plus grandes banques centrales depuis prêt de 10 ans? Sans les QE, et les taux négatifs (leur corollaire), comment (et dans quelles conditions) les Etats auraient ils refinancé leur dette?

Il suffit d’appuyer sur un bouton pour envoyer par le fond des pans entiers des économies occidentales. La Deutshe Bank, et avec elle le système financier allemand (en particulier les retraites) est en sursis et vit sous perfusion. Dans une Europe sous perfusion économique, soumise au chômage de masse, en particulier des jeunes, c’est l’ensemble des prestations sociales (chômage, santé, minima sociaux) ainsi que les retraites, qui sont menacées. Il suffit « d’appuyer sur le bouton » pour que le château de cartes fragilisé par l’absurdité du système de parité fixe des changes appelé « Euro » s’effondre.

Ordo ab chao

Du chaos nait l’ordre. Les forces mondialistes pourraient bien être tentées de profiter de cet adage bien connu afin de justifier la mise en place d’une forme de gouvernance mondiale assumée, fantasmée par les élites mondialistes. La gouvernance mondiale non assumée est déjà à l’œuvre (FMI, Banque Mondiale, G7, G20, COP21, OMC, Banques, etc…). Elle permet, sans « légitimité » élective, d’imposer un certain nombre de règles, c’est a dire d’exercer une gouvernance (il serait assez ridicule de le nier en 2016). Mais la gouvernance n’est pas le contrôle. Et sans le contrôle total, il reste encore la possibilité au Peuple d’avoir son mot à dire. Le nouvel ordre promu après le chaos provoqué par une mise en faillite des Etats (via la dette et la monnaie) serait alors l’occasion de rompre avec ce contrôle… jusqu’au prochain soubresaut populaire….

[Analyse] 2017, ou la fabrique du consentement néolibéral francais

Ou comment le ticket Juppé/Macron va couper court à tout débat, bien aidé par le FN dans le rôle d'épouvantail.

Voici 40 ans que la France se refuse à glisser complètement dans le tournant libéral initié à la fin des années 70 lors des élections successives de Reagan et de Thatcher. Malgré le tournant de la rigueur de 1983 et l’entrée dans l’Euro, avec ce que cela implique d’alignement sur les politiques libérales anglo-saxonne, et l’ordolibéralisme monétaire allemand, la France est restée, bon an mal an, attachée à son modèle d’équilibre entre compétitivité économique et générosité sociale.

Il semble pourtant que l’on arrive bientôt à l’épilogue de cette lutte annonçant la mise au pas du modèle français et son alignement sur un modèle TAFTA-compatible. Et toutes les ficelles auront été bonnes pour rallier les français à la cause.

Attali est présenté de manière toujours aussi incompréhensible comme un champion en matière de politique économique. Ce malgré le constat qu’il s’est toujours trompé dans ses analyses et prédictions depuis 30 ans, comme lors de ce débat délicieux sur l’euro datant de 1996 annoncant gloire et propriété. Il semble néanmoins sur le point de faire accepter son programme néolibéral.

En se présentant devant les français? Diantre non! Pourquoi prendre le risque d’étaler 30 ans d’incompétence, et de se retrouver en difficulté dans un débat de fond alors qu’il suffit d’en passer par un proxy inattaquable incarnant la jeunesse, le changement et la modernité?

Coucou, c'est moi!
Coucou, personne ne me connaît, mais dans 2 ans, je serai président…

D’autant plus lorsque l’on dispose d’un tel lapin dans son escarcelle! Reste à bien préparer son coup. Un passage dans l’ombre des arcanes en tant que conseiller économique du président Hollande pour se chauffer un peu, et hop, voila le jeune padawan d’Attali propulsé sous les feux de la rampe du grand cirque médiatico-politique. Cela ne change pas grand chose sur le fond : il continue de pousser les lois économiques soufflées par son mentor dans l’ombre. Mais sur la forme, ça change tout. Et ça laisse 2 ans aux médias pour en faire leur chouchou, leur petite mascotte, jusqu’à lui permettre d’incarner « l’homme providentiel », cette chance pour la France qu’elle a tant attendu.

L’ascenseur social(iste) pour les Nuls

Il est intéressant de noter que jusqu’à fin 2015, c’était Juppé le champion annoncé de l’élection de 2017, celui qui allait convaincre les électeurs de « gauche » de voter à « droite » (pour faire barrage au fascisme). Même les journaux branchés de « gauche » lui avait donné leur bénédiction. Mais quelques signes de défiance face a la narrative mondialiste ont peu être grippés un peu la machine à consentement envers celui qui se réclamait quand même (officiellement) du gaullisme.

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Juppé en 2011 « L’intervention française en Libye est un investissement sur l’avenir » , en 2016 « Oui, c’est un fiasco et un chaos » – Bah alors, t’as plus envie d’être président Alain?

Aucune inquiétude là-dessus coté Macron, c’est certain. Si pour le Général, perdre un référendum exigeait la démission, Emmanuel considère que passer par l’élection est « un cursus d’un ancien temps ». Enfin, à la limite, pourquoi pas mais à la condition d’en exclure tout risque de défaite, lors de chacun des deux tours.

L’hypothèse du ticket Juppé/Macron, soit pile je gagne, face tu perds

Si la victoire au second tour semble quasi certaine, grâce au rôle neutralisant joué par le Front National dans le paysage politique (pour rappel : Le FN, bras armé de l’Unipartisme), reste la victoire lors du premier tour.

Grâce au FN, il n’y a pas besoin d’être de gauche pour être le candidat de « gauche ». C’est tout l’intérêt de l’opération. Passé donc cet obstacle de crédibilité, reste maintenant à se forger une image de « présidentiable ». Et c’est là qu’intervient l’arme de construction massive de cette fabrique de consentement rien de plus « Chomskyenne » : l’arme médiatique.

Impossible d’avoir échappé à la déferlante depuis 1 an. Et il ne s’agit pas d’analyser le flop monumental du CICE, mesure emblématique élaborée par Macron, lorsqu’il n’était encore que ministre officieux de Bercy. Non. Il s’agit de parler de sa jeunesse, son insouciance, voire sa destinée… Bref, écrire l’aventure du petit Manu dont vous êtes les héros malgré vous. Une alliance Juppé/Macron n’est d’ailleurs pas à exclure, dès le premier tour de 2017, ce qui permettrait de mettre tout le monde d’accord et de couper court à tout suspense. Vu les cris d’amour de la « droite » pour le jeune banquier d’affaire (Raffarin : je suis d’accord avec 99.9999% de ce qu’il dit), et la complaisance d’une large partie de la « gauche » pour leur ancien ennemi juré de 95, l’hypothèse offre une martingale électorale implacable.

El Blanco vs. El Banco

Reste à incarner la légitimité de cette candidature à gauche. Hollande, plombé par un bilan en tous points catastrophique, s’enfonce de plus en plus, remaniement après remaniement, dans les vieilles ficelles grotesques de roublard de la politique. Valls, neutralisé par Hollande après l’humiliant et rocambolesque épisode forcé sur la déchéance de nationalité (il était contre dès le départ), s’est vu contraint de lui prêter allégeance, doublé à sa droite par l’ambitieux Manu. En même temps, il faut bien reconnaitre que dans cette lutte opposant Manu El Blanco à Manu El Banco, le premier cité ne fait pas le poids intellectuellement auprès des élites Attalo-mondialistes.

Voici donc un échantillon représentatif de la déferlante médiatique en vue de légitimer la candidature du proxy désigné à la néolibéralisation intégrale de la France souhaitée par Attali, l’homme qui est à l’économie ce que BHL est à la géopolitique : un oiseau de mauvaise augure…

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Plus c'est gros...
Plus c’est gros…

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Fabrication « Peuple de Droite, il est des Nôtres »

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8580621-macron-une-express_5560459

5269423_131115-mag-par-001-ret_545x460_autocropEt dans la série : Vous voterez Macron au deuxieme tour

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[Doc] Comprendre les révolutions colorées

Ce documentaire de 2005 réalisée par Manon Loizeau décrit déjà à l'époque la façon avec laquelle la CIA prépare les révolutions colorées un peu partout dans le monde afin de porter au pouvoir un régime qui soit favorable à ses intérêts. On comprends ainsi ce qui se trame derrière les changements successifs de régime sur fond de mouvements sociaux légitimes.

Comment la CIA prépare les révolutions colorées (2005)

Dans un des articles précédant, nous sommes revenus sur la « Stratégie du Choc », décrite par Naomi Klein, appliquée afin de poursuivre des objectifs de domination politique, géopolitique, économique et militaire.

Si sa mise en œuvre était prédominante au cours de la Guerre Froide, afin notamment de procéder aux renversements de régimes, il apparaît que de nouvelles stratégies d’ingénierie sociale plus évoluées, en apparence discrètes et légitimes, aient permise aux administrations sous domination néoconservatrice d’arriver à leurs fins. C’est ainsi que l’on a vu apparaître des mouvements sociaux présentés comme spontanés, émanations de peuples en soif de liberté, et surtout avide de rentrer de plein pieds dans le sain des sains : le monde merveilleux de la consommation de masse.

Affublés de noms toujours plus chouette (révolution des roses, des tulipes, du cèdre), plus fun (orange, pourpre, bleu, vert…) plus doux (jasmin, lotus, tulipes..), plus… « j’espère vraiment qu’ils vont gagner! » par nos médias, tous plus indépendants les uns que les autres face aux enjeux économiques et géopolitiques qui se jouent dans les régions concernées, ces événements permettent objectivement tantôt:

En revanche, pas de mots doux, et peu de cas des « révolutions » de ce type lorsqu’elle mettent en péril des régimes dans le bon camp (cas particulièrement criant de Bahreïn, tout comme le Yémen actuellement). « L’intérêt » de ces deux cas étant de mettre en lumière le formidable « deux poids deux mesures » (pour ne pas dire l’arnaque totale) des causes prétendument défendus par nos politiques dans ces affaires.

Il n’est pas question ici de revenir sur les grognes sociales légitimes sur lesquels s’appuient ces phénomènes, mais de mettre en évidence le rôle déterminant joué par les services secrets occidentaux, en particulier la CIA, dans la fomentation de ce qui s’avère être une arme redoutable.

On sera particulièrement frappé dans ce documentaire, réalisée en 2005, par son exactitude voire son côté prophétique lorsqu’on le visionne avec le recul des événements qui se sont produits depuis 10 ans.

[Doc] Retour sur la Libye de Kadhafi

Il y a 4 ans, le 20 Octobre 2011, Mouammar Kadhafi, dirigeant de la Libye depuis 1969 (suite à un coup d’État renversant la monarchie en place), périssait lynché en place publique par la foule. Ce « spectacle » (visible sur le net pour ceux qui ont le cœur bien accroché…), dépassait dans l’horreur les pires exactions moyenâgeuses qu’aient connues les puissances occidentales dites « civilisées » et à l’origine de la destruction totale d’un des pays les plus stable et prospère africains.

En effet, bien que n’étant probablement pas le paradis sur Terre, la Libye de Kadhafi avait le mérite d’assurer à ses habitants des conditions de vie enviables pour beaucoup : prêt immobilier sans intérêts, nourriture gratuite, allocation chômage, prime à la naissance (7 000$), prime au mariage (64 000$!!), prime a la création d’entreprise (20 000$), éducation et médecine gratuite, électricité gratuite, essence à 14 centimes le litre etc…

Certes, il y avait certaines restrictions de liberté (alcool par exemple), mais ce régime d’essence laïque et socialiste n’offrait pas des conditions de vie pire que dans certains pays de l’UE actuellement…

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[Analyse] Écologie vs. Libéralisme, ou la question du paradigme économique

Churchill avait coutume de dire (selon la légende) que le meilleur argument contre la démocratie était une discussion de cinq minutes avec l’électeur moyen. Dans la même veine, l’un des meilleurs arguments contre le capitalisme libéral est probablement une discussion avec un économiste « Friedmanien » (ce qui de nos jours fleurte avec le pléonasme). Ce dernier finira forcement en dernier recours, pour peu que vous grattiez bien, par sortir l’argument ultime qui fait office de postulat de base à toute sa conception du monde : « more stuff is good », soit la défense inconditionnelle du toujours plus. A cet effet, la maximisation de la quantité de choses produites, en tant que but suffisant en soi, est à même de justifier le prix payé par la population mondiale à sa mise en œuvre (guerres, violence sociale, déracinement etc…).

Qualitatif vs. Quantitatif

Prenons comme hypothèse – généralement acceptée – que l’évaluation de la production est totalement mesurable selon deux axes : le quantitatif et le qualitatif. L’argument quantitatif est le seul posé comme hypothèse de base nécessaire à la justification du libéralisme par ses tenants. L’argument qualitatif est au mieux un complément subsidiaire – quand il n’est pas au final un obstacle (e.g. obsolescence programmée).

La critique de l’axiome quantitatif, soit le « more stuff is (always) good », est donc la seule valable afin de procéder à toute critique radicale pertinente du capitalisme libéral intégral comme horizon indépassable de nos structures politico-economiques (et donc sociales). En effet, si celui-ci est accepté comme suffisant, tout ce qui en découle (l’idéologie mondialo-libérale) est cohérent. Par ailleurs, critiquer les effets du libéralisme, sans critiquer la cause relèverait de l’impertinence dialectique chère aux agitateurs et opposants stériles si utiles au système.

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[Analyse] Hitler, Démocratie et État d’Urgence

Mythe de l'élection démocratique du régime Hitlérien, et réalité de la tentation de l’État d'Urgence Permanent comme seul horizon politique

Il est des affirmations que l’on retrouve fréquemment au détour de discussions, dont la portée fait souvent office d’argument massue, mais sans que ne soit jamais remise en cause sa pertinence historique. Parmi elles : l’affirmation selon laquelle la Démocratie a porté Hitler et son régime totalitaire au pouvoir, ou si l’on veut que « Hitler a été élu démocratiquement ».

Totalitarisme ou permanence de l’État d’Urgence?

Souvent utilisé dans le cadre de conversations ayant trait aux limites de la Démocratie, cet argument, si l’on ne prend pas en compte l’enchaînement effectif des événements, finit par être utilisé à contre sens. L’émergence du régime totalitaire hitlérien ne fut pas tant le résultat d’une victoire électorale, que celui de dérives et de récupérations politiques habiles des dignitaires nazis afin d’instaurer un État d’Urgence permanent. Celui-ci leur attribuait tous les pouvoirs face à ce qui était présenté comme la menace montante de l’époque : le bolchevisme.
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[Analyse] Elections Départementales 2015 – Le FN, bras armé de l’Unipartisme

Chaque élection apporte son lot d’information et d’enseignement. Il faut pour cela prendre du recul, et l’inscrire dans son contexte à travers les dynamiques qui sont en jeu.

Le premier constat est celui de la nouvelle hausse du FN, notamment au regard du format de cette élection locale qui ne lui était pas favorable. Les scores du second tour (>35% dans la plupart des cantons, plus de 30 élus) indiquent une nouvelle progression et confirment la dynamique poursuivie depuis que le duo M. Le Pen – Philipot est aux affaires.

La véritable cause de la montée du vote FN reste l’échec les effets de la politique libérale et mondialiste. Il suffit de regarder la courbe du chômage pour deviner, dans le sens inverse, celle du FN. La « peur de l’autre », le « repli sur soi même » ne sont que des éléments de langages soufflés par la caste des dir’com, dont est d’ailleurs issue notre vénérable Manu El Blanco.

Ce n’est pas la comparaison du nombre de départements gagnés qui importe. Mais bien celle des scores obtenus qui confortent l’enracinement d’un Bipartisme entre le FN et le duo UMP/PS.

Du Tripartisme proclamé au Bipartisme de façade

Tout raisonnement analytique lucide amène à classer l’UMP et le PS dans le même camp : celui de leur politique commune, à savoir l’application rigoureuse et  aveugle des directives européennes dictées par le gouvernement non élu (et les lobbies) de Bruxelles. L’alternance des victoires/défaites de l’UMP et du PS suivant qu’ils soient ou non au pouvoir est systématique. Elle en devient même grotesque lorsque l’UMP affirme que les français rejettent « massivement » par les urnes la politique du PS, eux qui ont essuyé exactement les même revers sous Sarkozy… en appliquant exactement la même politique!

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[Analyse] F. Hollande, ou la matérialisation de l’ère post démocratique

Établis depuis environ 120 ans au travers de l’Europe (entre autres), les régimes démocratiques « modernes » reposent sur le recours régulier aux élections des dirigeants par le peuple. Loin d’être parfaits, en raison notamment des différents modes de scrutin utilisés et des différents types de régimes retenus suivant les pays, ces régimes démocratiques ont toutefois réussi à acquérir leurs lettres de noblesse, jusqu’à faire office d’incontestable « moins pire des solutions » dans l’imaginaire commun. Dans le même temps, l’aventure démocratique populaire s’est accompagnée d’un formidable développement dans le domaine de l’information et des avancées technologiques (impressions, transports, télécommunications), venant répondre aux besoins manifestes d’informer l’électeur. C’est ainsi qu’émergea un nouveau secteur économique, la Presse, dont la montée en puissance politico-financière, n’aura d’égale que celle de son influence sur l’électeur.

Montesquieu 2.0

De nouvelles avancées techniques, avec notamment le bond technologique qu’a pu constituer l’adoption massive d’Internet, et peut-être aussi un certain sens de l’Histoire, dirons-nous, ont permis à la Presse de développer son influence sur l’électeur à un point tel qu’elle a incontestablement endossé le costume de 4eme Pouvoir (en plus des traditionnels Pouvoirs Judiciaire, Législatif et Exécutif). En effet, l’Information permet dorénavant de rendre compte instantanément de tout ce qui se passe, influence le choix de l’électeur, et donc participe à la bonne marche de la démocratie. Face au risque d’une prise de contrôle par l’un des trois Pouvoirs traditionnels qui mettrait en péril l’équilibre démocratique, son indépendance et sa prise en considération en tant que Pouvoir à part entière s’avère nécessaire et indispensable.

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[Analyse] L. Fabius, ou le visionnaire qui murmurait à l’oreille des nazis

Ça y est, enfin! Les voila, les tant attendues Vacances d’Eté de nos chers ministres! Quoi? Comment? Déjà? Ce dit notre Lolo (inter)national? A moins que cela ne soit plutôt un « Enfin », « Ouf »…? Car bon, c’est qu’il est chaud là le Lolo, et on ne sait pas très bien si sa descente d’organe vis à vis d’Israël, dont les actes héroïques de défense face à l’oppression Palestinienne furent qualifiés de « carnages » et de « massacres » (quand même!), relevaient plus de l’acte de bravoure politique emplissant le cœur de fierté, ou de la remontrance contrainte et forcée dont on espère que la douceur de l’été ne laissera aucune trace à la rentrée venue…

 

C’est qu’il en a eu des choses à faire et (surtout) à dire le Lolo cette année! C’est ça la magie du quai d’Orsay, on fait plein de découvertes, on va passer du temps dans des endroits jusque là inconnus. Et résultat, on se fait plein de nouveaux « potos »!

 

C’est un peu ce qui s’est passé pour lui en Ukraine notamment. Il s’est fait des nouveaux « potos », car l’UE (donc la France) a décidé que l’Ukraine devait dorénavant être un « partenaire stratégique ». Passons sur le Coup d’État Révolutionnaire de Kiev (terme synthétisant les différents points de vue sur la question), Lolo fut réquisitionné afin d’aller légitimer saluer les membres de ce nouveau gouvernement, dont certains sont visiblement devenus ses nouveaux « potos » (Svabodo qu’ils s’appellent). Et comme souvent avec eux, ben on aime bien les défendre quand des gens disent qu’ils sont méchants. Et encore plus quand des gens disent qu’ils sont vraiment vilains, du genre qui défendent depuis 20 ans l’idée qu’ils sont une race blanche supérieure, et qu’il faut anéantir les races inférieures qui souillent les terres de la Sainte Ukraine, à savoir les Juifs (pas cool pour Lolo mais on lui a pas dit visiblement) et surtout tout ce qui ressemble de près ou de loin à un « russe » (soit pour eux un bâtard slavo-asio-mongol mangeur d’enfant). Bref, qu’ils sont des nazis en somme (en même temps, c’est pas tous les jours qu’on en voit des vrais) sachant qu’il n’est pas courant de voir de telles personnes occuper des places de députés en Europe depuis 1933…

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[Analyse] Manuel Valls, alias El Blanco à Matignon

Après deux années de synthèse molle, incarnée par un gouvernement Ayrault à la communication parfois inaudible en raison de dissensions internes insolubles, et dont le bilan a mené à l’une des plus grandes débâcles électorales de l’histoire de la gauche socialiste, François Hollande s’est résolu à confier les clés du camion France à l’un des rares ministres ayant su préserver, plus grâce à sa communication qu’à son bilan, une image d’homme engagé et actif au service des français. Continuer la lecture de « [Analyse] Manuel Valls, alias El Blanco à Matignon »